PRESENTATION

LIZIBA SOURCE DE VIE est un projet partenarial dans le domaine socio-économique dont le but principal est l'accès à l'eau potable pour tous à BULAPE, une ville située dans la province du Kasaï occidental en République Démocratique du Congo (RDC).


Le partenariat a été initié à la fois par les responsables de l'association congolaise de développement MWENGWA TSHIAMBI (c'est à dire "Grâce à Dieu") dans le but principal d'organiser, gérer, entretenir et améliorer l'accès à l'eau potable dans cette ville et les responsables de l'association LIZIBA en Suisse qui sont tous deux parties prenante de ce projet.

SOURCE DE PATAMBAMBA EST ACHEVEE

Notre dernier bulletin d'information d'avril dernier l'annonçait : la communauté villageoise de Patambamba, voisine de 7 km Bulape a longtemps réclamé une source pour abreuver ses 500 habitants. C'est chose faite depuis fin août 2017. La source dispose de trois robinets dont un relié à un réservoir de 10'000 litres qui se rempli la nuit pour servir la population durant la journée, venant ainsi compléter ce qui jaillit naturellement du sol. 
Bravo et merci à notre coureur solidaire Claude ZELLWEGER qui a souhaité financer ce projet. Merci à notre équipe de travail sur place qui a réalisé un travail impeccable grâce notamment aux conseils et à l'appui d'une autre ONG active dans la région. Coût total environ 5'500 CHF. 
Voici quelques photos du travail réalisé. Le travail n'est pas tout à fait achevé sur les photos reçues ci-dessous, il reste notamment à couler la dalle supérieure du réservoir, à replanter de la pelouse aux alentours et clôturer l'espace de captage...

 La source en service !

LA CONSTRUCTION DE LA DEUXIEME CITERNE EST ACHEVEE !

19.09.2016. - Dans l'élan de la première citerne, voici que vient de s'achever la construction d'un deuxième ouvrage qui permettra de mieux gérer le volume d'eau à disposition et, peut être dès 2017, d'envoyer l'eau dans une conduite de 470 ml qui pourrait amener l'eau jusqu'à la place du marché. Ce projet est encore à l'étude. D'une taille de 5 x 3 x 3 m. (45'000 lt. de capacité), cet ouvrage est relié au premier et permet éventuellement de créer un volume tampon pour la distribution en saison sèche.
Hier, au téléphone avec Papa Léonard qui venait nous annoncer la nouvelle de l'achèvement des travaux, on entendait en arrière-fond, la joie et les chants de la population venue voir le chantier ! La fête d'inauguration battait son plein.

En parallèle, la construction d'un nouveau siège pour l'association locale (l'ancien est minuscule!) permettra d'offrir une nouvelle surface de toit de près de 100 m2. Cette surface sera effective dès l'automne prochain. Ainsi avec une surface totale de captage d'eau de près de 300 m2, il sera possible de distribuer près de 500'000 lt. d'eau potable annuellement selon les calculs pluviométriques de l'association locale. 

Le nouveau siège de l'association Mwengw'a Tshiambi, financé à 50 % par le comité local abritera le bureau de l'association qui est aussi un centre d'envoi d'e-mails, de photocopies et de scanning ouvert à la population. Une pièce servira de lieu de réunion. Un dépôt a aussi été prévu pour y stocker des matériaux et du matériel (ciment, outils, planches, etc.)

Les responsables de la Zone de Santé de Bulape (instance de l'Etat) sont en lien avec les responsables de l'association locale. L'eau est régulièrement analysée par les laborantins et la nécessité, le cas échéant, de traiter les eaux stockées est décidée conjointement. A priori, aucun traitement n'est nécessaire, l'eau ayant été déclarée potable telle que récoltée.

 
 

ENFIN A BULAPE : OU QUAND LA SUISSE ET LE CONGO S'EMBRASSENT

01.07.2015 - Ce premier juillet, le couple Pascal et Colette Tornay ont enfin atteint Bulape. Quel ne fut pas leur stupéfaction en arrivant : les responsables locaux ont construit une maison pour eux, peinte aux couleurs de l'association Liziba Suisse... Et ce ne fut pas la seule surprise. Durant deux semaines, les rencontres se succèdent avec les bénéficiaires du projet, les gens des différents quartiers, etc. Voici donc les partenaires suisse et congolais réunis pour la première fois avec la mission de faire connaissance, de trouver des marques pour le futur, de rencontrer la famille de Colette ainsi que le comité de l'association locale et enfin, surtout, de vérifier le travail réalisé au niveau de l'assainissement des sources naturelles.

Mots de bienvenue des responsables de l'association Mwengw'a Tshiambi et du Chef Sylvain Bidiaka, chef du Groupement de Bansueba-Bulape (M. le Maire) >>>

Le séjour a été parsemé de temps de partage et d'échange notamment avec les employés de l'association, les ingénieurs, les techniciens et les maçons, mais aussi avec les responsables de quartiers et les autorités locales. "Dorénavant, nos contacts seront plus étroits et plus féconds puisque nous avons pu vous voir" se sont exclamés les responsables civils et coutumiers.

Nous avons profité de ce temps sur place pour améliorer les modes de gestion, la transparence et les statuts de l'association Mwengw'a Tshiambi et pour envisager nos collaboration futures. Il a été décidé notamment
- de collaborer plus étroitement avec les autorités locales,
- de nommer un responsable de l'entretien des lieux de puisage,
- de placer des signaux didactiques aux sources pour faire respecter les conditions d'hygiène.

Il est aussi prévu d'acheter des parcelles dans le but d'y bâtir les infrastructures nécessaires à la création d'un réseau de citernes (maisons, citernes, réseau d'adduction, lieux de puisage et de lavage). Ces questions doivent encore être discutées en Suisse avant que le financement nécessaire soit mis à la disposition de nos partenaires à Bulape.

Quelques images de ce voyage et de ces rencontres inoubliables.

Assis sur la source de vie du quartier Katabala II

Notre ingénieur Adrien, membre de l'équipe technique
fait aussi le lien avec la Zone de Santé de Bulape.


En compagnie de notre ami, l'évêque de Mweka,
Mgr Gérard Mulumba Kalemba, porte-parole
des premiers responsables locaux du projet.

 
Rencontre avec les autorités locales
 
Les autorités locales : à gauche le Chef Bidiaka,
Chef de Groupement (Maire) et à droite le Chef Katshiabala,
Chef de Clan Bashimbangu, la tribu de Colette.

Ce jour-là, on a organisé en l'honneur de Pascal, une danse fastueuse réservée à l'intronisation des chefs locaux. Elles n'est exécutée que lors des intronisations et des funérailles des notables. Quelles moments inoubliables !
En compagnie des responsables et de l'équipe technique.


En brousse, sur le chemin des sources. 
Au premier plan Valentin Masheki Pembe, responsable technique 
et vice-président de l'association Mwengw'a Tshiambi.


A la source Kama-Mashanga, les femmes font la lessive. 
Activités inappropriées près des lieux de puisage de l'eau...
Mais il n'existe pas d'autres lieux...
 

L'Equipe technique.

La petite officine de l'association ouverte il y a un an.
Mais fermée à l'occasion de notre venue...

A Mweka, devant la succursale de l'agence de transfert d'argent. 
Lieu où se rendent les responsables pour prendre possession du financement suisse.

Pascal a été intronisé Chef coutumier de la tribu des Bashimbangu par les autorités. Un titre honorifique dont il est très fier !


Colette en compagnie de Papa Léonard, président de l'association Mwengw'a Tshiambi et père de Colette, 
ainsi qu'une de ses tante et Henriette Mwanga, sa mère.


Bureau et siège de l'association à Bulape.


Il y a toujours du monde aux sources. Ici, le canal d'évacuation.

 
Au retour à Francfort. La fatigue est là.
Il faudra quelques temps pour réaliser 
tout ce que nous avons vécu...
Quelles merveilles !

LES INFERNALES "TRACASSERIES" CONGOLAISES


Le tronçon Mweka – Bulape, long seulement de 35 km, comptait à peu près 7 barrières de taxateurs, soit une moyenne d’une barrière chaque 5 km. A chaque barrière, il fallait au moins 100 francs congolais (FC) par vélo par passage. Le vélo est l’unique moyen de transport de produits agricoles dans les villages (100 FC représentent env. 8 centimes, ce qui est une somme importante sachant qu’avec 50 centimes une famille peut manger frugalement).
 
Un témoin raconte :
Tracasseries...
http://www.archi-kananga.org
"En partant de Mweka, il y a une barrière de la police de roulage à Mweka-Bakuba, il faut laisser quelque chose, 200 mètres après, des taxateurs (service d’économie, des transports…) parfois accompagnés de militaires bien armés ; 5 km après, au niveau de la bifurcation Bulape et Bulongo, des taxateurs, il faut laisser quelque chose. Côté Bulape, encore des taxateurs, après le pont Patambama, avant d’entrer à Bulape. Donc des taxateurs chaque 5 km et au moins 100 FC par vélo et à chaque passage."

Pour contourner ces barrières, certaines personnes s’arrangent pour circuler de nuit quand ces taxateurs ne sont pas là, mais les militaires ont compris cela et commencent aussi par moment à circuler la nuit, révèle notre interlocuteur.

Tiré du livre de Grégoire Ngalamulume Tshiebue, pp. 279-280. Thèse de doctorat de l’Université catholique de Louvain intitulée "Projets de développement agricole, dynamiques paysannes et sécurité alimentaire au Kasaï Occidental" (Juin 2011).

L’EAU, SOURCE DE VIE. MAIS AUSSI SOURCE DE CONFLITS, DE PEINES ET DE MORT

Tensions et conflits lors de l'approvisionnement
http://grandkasai.canalblog.com

La province du Kasaï est dotée de quelques infrastructures de traitement et de distribution d’eau potable dont une usine moderne installée à Kananga (la capitale provinciale). Par manque d’énergie électrique, cette usine d’une grande capacité ne fonctionne qu’au ralenti, le carburant coûtant de plus en plus cher pour le fonctionnement de ses groupes électrogènes. Dans ces conditions, la fourniture d’eau à la population de la Ville connaît de sérieuses difficultés et les robinets sèches pendant de longs jours voire des mois et des années.

En dehors de cette usine, quelques autres stations de la société de distribution REGIDESO existent dans d’autres territoires et cités mais posent le même problème de fonctionnement. D’où au Kasaï Occidental, en ville comme dans les villages, l’eau potable s’avère une denrée rare, avec seulement 12% de la population en 2010 (31,6% en 2001) contre 47% de moyenne nationale (46% en 2001) ayant accès à une eau salubre. Sa recherche devient ainsi une corvée, obligeant les femmes et les jeunes enfants, voire les tout petits à parcourir chaque jour des kilomètres à pieds pour la rechercher à la rivière ou à une source aménagée ou non. Parfois, il se forme des files assez longues à certaines sources et l’on peut passer des heures avant de s’approvisionner. Il s’y produit dès lors des bagarres, des disputes et des conflits de toute nature.

Queues interminables ici à Kinshasa
lors d'une période de pénurie d'eau.
htp://radiookapi.net
A ce titre, de plus en plus de programmes voient le jour pour l’aménagement des sources d’eau potable en ville et dans les villages, les forages d’eau ou les opérations d’adduction en vue de fournir à la population une eau de qualité. Le Service Nationale d’Hydraulique Rural (SNHR) et les ONG, grâce aux financements de certains partenaires (UNICEF p. ex. et maintenant aussi l’Association LIZIBA Suisse) s’emploie à cette tâche. La consommation d’eau insalubre au Kasaï Occidental est responsable de la propagation des maladies hydriques qui sévissent au niveau de la population et notamment des enfants comme les diarrhées, dysenteries amibiennes, fièvres typhoïdes et autre verminoses.

Tiré du livre de Grégoire Ngalamulume Tshiebue, pp. 152-153. Thèse de doctorat de l’Université catholique de Louvain intitulée "Projets de développement agricole, dynamiques paysannes et sécurité alimentaire au Kasaï Occidental" (Juin 2011).

DE L'EAU, DE L'EAU, DE L'EAU...

ON NOUS APPELLE A L’AIDE AILLEURS …

En mai dernier, nous avons la joie de recevoir à VOLLEGES, Mgr Gérard MULUMBA, l’évêque de MWEKA (Kasai occ.), le diocèse natal de COLETTE. Il vient nous proposer de collaborer avec les habitants de BULAPE (env. 25'000 hab). Initié et coordonné par le père de COLETTE, M. Léonard PEMBE qui parvient à rassembler et à former une association avec quelques responsables locaux, un projet d’aménagement des sources d’eau arrive à maturité et l’évêque vient solliciter notre aide de leur part.

Là, nous nous rappelons que LIZIBA veut dire « SOURCE » en lingala ! N’est-ce pas un clin Dieu ?

PROJET SHAMBUYI : DE L’EAU POUR TOUS

A BULAPE, un trajet de près de 3 km (aller et retour) est nécessaire pour s’approvisionner en eau. Il faut tremper son seau dans la vase pour le remplir et les conditions d’hygiène sont mauvaises. La fièvre typhoïde en est généralement la conséquence.

Après réflexion et discussion, nous nous sommes engagés à collaborer. A ce jour, 4'000 dollars ont été envoyés pour l'achat du matériaux de base, pour l'outillage et l’assainissement de 2 sources d’eau potable. Les gens jubilent à la vue de cette eau propre qui jaillit des profondeurs. Ils rendent « grâce à Dieu » (c’est d’ailleurs le nom qu’ils ont donné à la source). LIZIBA, la source nouvelle, nous met du baume au cœur. A ce jour, nous avons promis 2'000 autres dollars pour l’assainissement d’une autre source dans un autre quartier.

Chers donateurs, c’est grâce à votre générosité que nous avons osé nous lancer dans cette aventure humaine. L’Association LIZIBA SUISSE est appelée à évoluer vers une autre manière de se tenir solidairement aux côtés du peuple congolais. Pour l’heure, nous avons entendu l’appel à l’aide des habitants de BULAPE et de leur évêque et avons tenté de répondre présent.


Continuez donc à nous aider !


Pour que nous puissions continuer, avec vous, à manifester notre amour aux plus démunis par des actes concrets, sous d’autres formes, en particulier en R.D. CONGO.

Avec notre fraternelle amitié.
Association LIZIBA SUISSE (ALS)