L'eau, source de vie

L'eau, source de vie

DERNIERES NOUVELLES


Le dernier numéro de LIZIBA Info (n° 1-2020) est consultable ici. En voici un extrait : 

Deux communautés villageoises aux alentours de Bulape ont récemment inauguré de nouvelles installations… La joie des familles est d’autant plus grande que le nombre de cas de maladies liées à la consommation d’eau insalubre baisse mais déjà significativement. Une belle victoire commune, car ces trois sources ont été réalisées grâce aux efforts conjoints de comités locaux engagés aux côtés de l’équipe de travail locale.

 

A Tshidima (ci-contre) Batshinga, à 20 km de Bulape, ces deux communautés (5'000 habitants au total) bénéficient aujourd’hui de deux nouvelles sources avec des réservoirs d’appoint qui permettent d’éviter l’entassement – et donc les conflits – aux alentours des lieux de puisage. Par ailleurs, la source du village de Patambamba à 7 km de Bulape a été réparée grâce à un effort financier et technique du comité local. Les tuyaux plastiques avaient été déterrés par l’érosion et par les enfants. L’espace a été complété par un espace adapté pour faire la lessive. Nous entendons encore les mercis des mamans résonner à nos oreilles… 

Ci-dessous : construction de la source de la communauté de Tshidima



 


Baisse des cas de maladies hydriques

Un des changements importants mais peu visibles, lié au fait que la population cesse de consommer de l’eau sale et contaminée, est la baisse significative des maladies hydriques. Cette baisse est constatée systématiquement chez toutes les populations qui utilisent les sources aménagées.

Alphonse explique : "Joseph et moi avons mené l’enquête notamment auprès des centres de santé. Grâce aux entretiens menés avec les infirmiers et aux statistiques que nous avons pu nous procurer, on sait que, dès que la population a pu s’approvisionner aux sources aménagées, la santé globale s’est améliorée. Chacun peut constater que l’eau puisée est limpide, incolore, inodore et très fraîche. Les infirmiers perçoivent lentement la diminution globale du nombre de cas de maladies hydriques et diarrhéiques dans les ménages et plus nettement chez les enfants et petits enfants quelques semaines déjà après la mise en eau des installations. La baisse des consultations s’ensuit directement et le pouvoir d’achat des ménages remonte…"

Miracle : des bénéfices !

La mise au point d’un petit programme informatique durant notre séjour, l’été dernier, à partir d’une simple feuille excel porte ses premiers fruits. Jusqu’à aujourd’hui l’autonomie financière de notre association jumelle (ADMT) était difficile à mesurer car la comptabilité n’était pas systématique. Aujourd’hui, nous connaissons le produit financier de chaque activité. 
Les activités du bureau (photocopies, envoi d’e-mails, rédaction de rapports, recharge d’appareils, etc.) ont rapporté environ 500 CHF en 2019 pour un chiffre d’affaire de près de 2'500 CHF. Cela permet de financer deux salaires à temps partiel. La vente d’eau aux citernes n’est qu’à ses balbutiements. En 2019, les recettes avoisinent 300 CHF pour des dépenses d’env. 200 CHF (y compris un petit salaire pour la personne préposée). Depuis que nous savons, par analyse chimique, que l’eau se maintient très bien et est d’une bonne qualité, nous espérons quelques recettes supplémentaire… D’autres activités comme la production agricole, la location de chambres dans nos locaux ou de matériel sont encore à leurs débuts. Enfin, l’ADMT boucle avec un excédent fantastique d’env. 700 CHF en grande partie grâce aux services du bureau. Ce qui permet d’envisager quelques investissements en 2020.

Alphonse et Joseph, son adjoint

Depuis septembre dernier, Alphonse peut compter sur Joseph son adjoint. « Joseph et moi, nous nous entendons bien, le partage du temps de travail est convenable et permet à chacun d’avoir des jours de repos et de partager les responsabilités et le pilotage de l’ADMT. La priorité est au bon fonctionnement de des activités. Si je dois effectuer une mission de service en dehors de Bulape, je le fais avec un cœur léger, car je sais que les travaux évolueront sous la surveillance de mon adjoint. MERCI à LIZIBA Suisse d’avoir concrétiser cette idée.

Relations avec les autorités locales

Par le passé, les rapports avec les chefs coutumiers étaient plutôt compliqués et les échanges trop rares. Ils n’étaient pas suffisamment inclus dans nos projets et il était difficile de discuter d’une seule voix avec eux. Grâce au dialogue entrepris lors du dernier voyage de Meinrad, Colette et Pascal qui ont choisi de convoquer tous les chefs et de clarifier leur rôle et celui de l’association, les portes de l’échange et de la cordialité se sont ouvertes. Même s’il reste des incompréhensions et des résistances, nous poursuivons nos échanges. Cela nous permet d’être davantage unis pour approfondir ensemble nos questions et nos visions.

Relations avec les comités villageois

Là où n’existent aucun comité villageois, les sources ne sont pas entretenues et laissées à l’abandon. Nous avons donc décidé de n’aménager des espaces de puisage que si la communauté met sur pied un comité responsable. Alphonse explique : « Nous avons beaucoup félicité les membres des quatre comités créés pour leur engagement sans faille en faveur des ouvrages construits (sensibilisation, entretien, protection, surveillance). Ces gens ne cessent de nous manifester leur gratitude d’avoir pensé à eux. Par ailleurs, de leur propre initiative, les comités des villages Tshidima et Batshinga ont formé un nouveau comité avec d’autres dans un autre village pour réfléchir à l’ouverture d’une voie fluviale sur la rivière à proximité pour faire du commerce. Ils ont même taillé une pirogue, mais il leur manque l’outillage nécessaire pour démarrer leur projet.

Projets des femmes

Après des débuts difficiles, les comités de femmes trouvent leurs marques. En discutant et en partageant leur vision, elles parviennent à fédérer leurs forces, trouvent leur manière de s’organiser pour créer de la richesse. Les petits comités évoluent comme on ne pouvait pas s’imaginer ! Cinq projets ont vu le jour : sélection de semences agricoles améliorées, pisciculture, fabrication de savons, micro-crédits et élevage de petits bétails. Pour les soutenir, l’ADMT travaille en partenariat avec d’autres ONG spécialisées dans le domaine agricole.

Ci-dessous : Place pour faire la lessive aménagée à proximité d'une des sources.


 
AVANT sur des troncs dans l'eau sale.
AUJOURD'HUI sur un espace en béton avec, à proximité, des barres de bois à hauteur d'yeux pour entreposer le linge propre. Comment n'y avaient-ils pas pensé avant ? Mystère...